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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/64

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Je ne dis pas cela, seulement je constate que les symptômes de votre maladie ne s’étant pas encore affirmés d’une manière positive, je ne pouvais appliquer le remède efficace.

— Et aujourd’hui ?

— Aujourd’hui je puis faire avec succès le diagnostique du mal qui vous mine.

Les grands yeux noirs de Lucienne se fixèrent avec surprise sur le médecin, l’interrogeant du regard.

— Vous me questionnez, je ne puis que vous répondre ; le remède est à Saint-Eustache où nous entrerons bientôt, c’est là que s’opérera votre complète guérison. Soyez confiante, ma pauvre enfant, voyez comme tout ici semble inviter à jouir de la vie ; à votre âge il faut en profiter et ne pas se laisser mourir lorsque le chemin fleuri se déroule devant vous ; il est si beau ce printemps de l’existence, où l’on voudrait sans cesse revenir, quand depuis longtemps on a laissé derrière soi ses belles années. Savez-vous ce qui nous rajeunit, nous autres médecins ? c’est lorsque, nous pouvons conserver les jours d’une jeune fille de votre âge, douée des qualités de l’esprit et du cœur, possédant la fortune, qui en ce monde est le meilleur adoucissement des peines auxquelles nous sommes tous exposés, nous pauvres mortels. Vous possédez ce qui d’ordinaire peut conduire au bonheur, ce bonheur je suis con-