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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/61

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

sidence ; mais la Chambre se refusa à en élire un autre. Alors le gouvernement voulut se passer du parlement ; mais un comité du parlement impérial inculpa son administration ; le duc de Wellington, qui arrivait au pouvoir en Angleterre, rappela Dalhousie ; plusieurs Anglais de mérite approuvèrent Papineau.

L’éminent orateur prit le commandement de cette phalange héroïque dont les actes de bravoure, de courage, de sacrifice font l’admiration des nations enthousiastes et patriotiques. En lisant l’histoire des Fils de la Liberté, leur dévouement, leur martyre, on retrouve en eux le sang de leurs ancêtres, sang chevaleresque du Français qui prouvera toujours au monde entier que nulle part on ne fera de lui un peuple asservi.


VI


La journée de labeur était terminée. La grande roue du moulin avait cessé de retordre dans son ardeur rageuse, les eaux en bouillons furieux ; avec son dernier tour, elle avait jeté dans l’air, tel que la voix d’une poissarde, son cri suprême, qui se répétait d’écho en écho dans la montagne ; le calme adoucissant du jour s’endormant, avait succédé au bruit de la machine qui se reposait.

Heureux d’être enfin libre, l’ouvrier quittait l’ouvrage, sortant la chemise en désordre, puant la sueur, le visage tout humide, la cheve-