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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/6

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vilèges que la nation conquérante, ainsi que les Anglais, occupent les places d’honneur et le premier-ministre de cette province. Sir Lomer Gouin est Canadien français.

Homme de talent et de mérite, depuis qu’il est à la tête du cabinet il a introduit de sages réformes dans le pays, de plus avec sa profonde intuition du résultat futur des choses présen tes, il a compris que jamais sa patrie ne compterait avec les grandes nations si l’on ne s’occupait de l’instruction et des lettres ; secondé par M. Joseph Lemieux, aujourd’hui shérif de Montréal, qui en 1909 faisait au parlement un éloquent appel en faveur des instituteurs, dont la situation était vraiment déplorable, le premier ministre a tendu la main à cette classe de déshérités, en déclarant qu’à l’avenir on leur accorderait une rémunération capable de les encourager dans la noble carrière qu’ils ont embrassée, par conséquent on a droit d’espérer pouvoir trouver dorénavant, des maîtresses et des maîtres compétents sachant donner à la jeunesse une éducation plus profonde, plus solide que celle donnée, actuellement, dans la grande majorité des institutions enseignantes. Sir Lomer Gouin sentant aussi tout le pénible et tout le trop vrai de cette spirituelle parodie du vers de Racine :

« Aux petits des oiseaux Dieu donne la pâture,
Mais sa bonté s’arrête à la littérature. »