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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/51

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lune pénétrant dans la chambre, blêmissait encore :

— C’est moi que cette famille affligée accusera de la perte de cette enfant.

La délicatesse de sa nature lui faisait se reprocher d’avoir eu près de la femme aimée, un moment d’oubli, lui ayant laissé voir trop tard le danger vers lequel ils étaient tous trois dirigés. Lucienne le regardant comprit ce qui se passait dans son âme.

— Non, vous n’êtes pas responsable de ce malheur, Pierre, murmura-t-elle se penchant vers lui, vous n’avez rien à vous reprocher.

Pour la première fois elle l’appelait Pierre, voulant dans sa tendresse féminine adoucir son chagrin qu’elle ressentait si bien.

— Merci, chère Lucienne, que serais-je devenu si vous eussiez été frappée à sa place ?

Elle sentit une larme couler sur sa main tandis qu’instinctivement il la rapprochait de lui comme si elle eut encore été menacée.

Le messager expédié à la famille de Louise avait fait hâte. Le père et la mère arrivèrent bientôt, mais leur enfant ne put les reconnaître, quelques minutes après elle rendait le dernier soupir. Alors les parents accablèrent M. Dugal de reproches amers, il était l’aîné, il aurait dû prévoir le danger ; ils ne voulurent rien entendre de sa part et lui déclarèrent qu’à l’a-