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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/50

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espérance, venez vite, vous avez vous-même besoin de soins.

En quelques secondes ou atteignit la maison.

Les deux jeunes filles furent transportées dans une chambre, où des femmes se hâtèrent de changer leurs vêtements trempés. On avait envoyé un messager prévenir la famille Aubry. Le médecin s’établit au chevet de Louise dont la respiration diminuait de minute en minute. Pierre assis à côté de Lucienne s’efforçait de la rassurer au sujet de sa cousine, cherchant à lui donner une espérance que lui-même n’avait pas, afin de calmer l’agitation nerveuse qui s’était emparée de la jeune fille lorsque revenue de son évanouissement elle avait constaté l’état de Louise. Tous trois, à la lueur de la bougie tremblotante éclairant la pièce, attendaient, dans une muette angoisse, l’arrêt suprême qui allait changer en une chose inerte et glacée cet être qu’on avait vu quelques minutes auparavant plein de vie, de santé, de jeunesse. Oh ! inanité de l’existence !

Quel sentiment, quelle haine, quelle jalousie avait donc déterminé ce coup de rame fatal conduisant à l’abîme cette embarcation dont la course rapide semblait à peine effleurer l’eau ? dans quelques instants la mort allait emporter dans la tombe ce secret mystérieux.

Pierre se disait en jetant un triste regard sur le pale visage de Louise, qu’un rayon de