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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/19

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Un monceau de fleurs vint ensevelir le tribun. C’était une bande d’enfants de dix, de douze, même de sept et huit ans, qui passaient en lançant d’énormes bouquets au chef des patriotes. Sa belle figure s’illumina d’une vive émotion à cette démonstration.

— Merci, dit-il en saluant avec cette grâce qui lui était, particulière, merci à vous chers enfants, merci à vos parents qui vous ont inspiré cette attention délicate qui me rend aujourd’hui si heureux ; elle me donne la certitude que tous vous avez compris combien j’ai à cœur de défendre vos droits. Je travaille surtout pour vous, générations futures, afin de reconquérir vos libertés, vos privilèges ; si nos efforts parviennent à vous faire rendre ce qui vous est dû, un jour, que nous ne verrons pas, nous, mais que vous verrez, fils de nos fils, le Canadien Français partagera les mêmes avantages que l’Anglais, sera sur le même pied que lui, arrivera aux plus grands honneurs du pays, même à celui de premier ministre du Canada.[1] Hourra, hourra, hourra.


II


Il y avait cercle chez M. Girardin. À la lueur des bougies brûlant dans les grands candélabres, les conversations s’échangeaient vives, animées. Une trentaine de personnes

  1. Aujourd’hui le premier ministre du Canada est Sir Wilfrid Laurier et celui-de la province de Québec, Sir Lomer Gouin.