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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/171

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Un cri de vengeance retentit. Edmond a tout vu, avec l’énorme râteau qu’il porte, il frappe sur la tête le soldat qui tombe, baigné dans son sang, pour ne plus se relever.

— Ma fille, mon enfant, murmure le docteur en pressant la jeune fille dans ses bras, qu’avez-vous fait, qu’avez-vous fait ?

— Je n’ai fait que vous rendre ce que je vous dois, répond la jeune fille mourante. Cher protecteur, ne pleurez pas sur moi, je suis heureuse de mourir, je vais rejoindre Pierre.

Et le nom de son fiancé sur les lèvres elle expire en souriant.

Un sanglot convulsif secoue le vieux praticien. Madame Chénier sans connaissance s’est affaissée sur le sol, Edmond la relève, la prend avec l’enfant et s’élance à la suite du Dr Bussière qui, inconscient, comme un fou, court au hasard avec son précieux fardeau, qu’il cherche en vain à ranimer. Les flammes montent du sol au ciel, une fumée épaisse et noire dérobe leur fuite aux yeux de la soldatesque.

Le docteur, l’âme angoissée, courbé sous la douleur immense qui l’étreint répète sur la route :

— Mon Dieu, mon Dieu, c’était donc là ce mariage auquel elle m’avait prié d’assister…


FIN