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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/163

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Le docteur ému, voulant rassurer un peu son serviteur :

— Eh bien, admettons que je ne mourrai pas, mais si toutefois le destin voulait que je succombe…

— Oh ! alors je tuerai tous ceux qui vous auront fait du mal et je me ferai passer sur le corps avant qu’on touche un cheveu à madame Chénier ou à votre enfant, oui, je serai son chien fidèle à cette petite. Ah ! monsieur le docteur, ne craignez rien on l’élèvera dans toutes les politesses et les cérémonies, cette enfant-là.

— Merci, mon brave, fit le docteur avec un pâle sourire. À présent laisse-moi continuer mon chemin, on m’attend au camp, rentre à la maison.

— Mais, avant, docteur, dites-moi que ça ne reviendra pas ces mauvaises idées, vous verrez qu’on va les mettre à leur place ces damnés d’Anglais, votre bravoure, comme celle de Nelson, les fera tous rentrer dans leurs coquilles comme à Saint-Denis.

— Dieu t’entende, mon bon Edmond, tes paroles me font du bien. Tu as raison, le découragement n’est pas digne d’un colonel, c’est un mauvais conseiller qui peut faire échouer les plus belles causes.

— Oui, mon colonel, il faut vite le mettre à la porte cet intrus, il pourrait vous faire faire des bêtises, vous qui avez une cuirasse com-