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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/147

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

rience militaire que moi, par conséquent on ferait mieux de le choisir comme commandant en chef, donnez-moi le titre de colonel seulement.

— Non, non, soyez notre chef, nous avons confiance en vous.

— Dites-leur, lit Chénier en se penchant vers Girod, que vous êtes plus capable que moi.

— Docteur Chénier est digne de votre confiance, dit Girod, seulement, dans les circonstances actuelles, n’ayant jamais porté les armes, il pourrait parfois se trouver embarrassé dans ses manœuvres, celui qui a déjà été au feu est plus aguerri, je ne veux en aucune manière prévaloir sur les mérites de votre généreux compatriote, qui a les vertus des plus grands guerriers, cependant peut-être la prudence serait-elle de nommer un homme ayant déjà conduit des soldats.

— Il a raison, crièrent quelques voix, le docteur Chénier vient de nous le dire.

— C’est égal, crièrent d’autres, le docteur Chénier est un brave des braves, nommons-le commandant en chef.

— Oui.

— Non.

— Oui, oui.

— Accordons-nous, mes amis, reprit le docteur, nous avons besoin à cette heure suprême de grandes capacités, monsieur Girod peut