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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/144

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

payer cher à cette canaille le mal qu’elle nous fait. Eh bien ! mes amis faut-il, comme les Acadiens se faire égorger sans résistance ?

— Non, non, défendons-nous, vivent nos droits, vivent nos libertés, mourons les armes à la main pour les défendre.

— En 1775, lorsque les Canadiens loyalement défendirent l’Angleterre contre les Américains, les Anglais dissimulèrent durant quelque temps leur animosité ; voulant avoir l’aide des Français ; mais après que ces derniers leur eurent gagné des victoires, ils eurent l’ingratitude de manifester leur haine plus violemment, animés de jalousie, de dépit, ils cherchaient à éloigner complètement des affaires administratives tous les Canadiens. Que dis-je ? n’allèrent-ils pas jusqu’à refuser en 1795 l’entrée du Bas-Canada à Larochefoucault Lancourt, savant voyageur qui nous venait de France, parce qu’il avait le seul tort d’être notre frère, et qu’on voulait étouffer en nous ce noble sentiment d’amour pour notre mère-patrie, sentiment qui, malgré tous les efforts de nos vainqueurs, demeurera toujours, vivace, profond dans le cœur de tout Canadien-français digne de ce nom. On veut éteindre notre race sur ce continent, on veut nous angliciser ; consentirez-vous à vous laisser anéantir, consentirez-vous à changer notre belle langue pour l’anglais ?