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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/143

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

ces dignes guerriers. En avant, Canadiens-Français, formons de nos énergies, de nos courages, de nos corps même une digue infranchissable pour repousser le flot d’infamie, dont veulent nous submerger les Anglais, nos oppresseurs. Soyons sans crainte puisque la justice est de notre côté. Un autre peuple, avant nous, a gémi, a souffert sous la tyrannie de la nation qui veut nous écraser ; mais un homme de courage, de génie s’est levé et leur a dit : Marchez, comme je vous dis : Marchons, l’heure est venue de notre liberté. Et Washington a donné l’indépendance aux États-Unis. Eh bien ! soyons aussi un état uni pour reconquérir nos droits, ne soyons plus qu’un pour combattre nos ennemis. Soyons français. Dites, le voulez-vous ou consentirons-nous à nous laisser écraser, détruire comme ce peuple d’Acadiens sans énergie qui se vit bafouer, tromper, tyranniser sans apporter aucune résistance, qui, pour avoir cru naïvement à la parole donnée, fut condamné à endurer tous les martyres, séparés sans merci de leurs mères, de leurs femmes, de leurs enfants, on les envoya sur les mers, mourir dans le fonds de cale des navires, entassés comme de vils troupeaux, on les dispersa sur les côtes étrangères, sans ressource, pour y succomber de misère ; pas un chef courageux ne se leva pour dire : Défendons-nous, mourons en braves ; mais auparavant faisons