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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/138

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

habits rouges étaient un point de mire, chaque coup des patriotes portait. Trois canonniers furent tués, au moment où ils s’apprêtaient à mettre le feu à l’amorce de leur canon. Cependant la situation dans la maison de madame St-Germain devenait de plus en plus dangereuse à cause de la trouée pratiquée dans le mur.

— Descendons au rez-de-chaussée, ordonna le Dr Nelson, les murs, là, sont beaucoup plus épais, ils nous formeront un rempart plus solide.

Durant plusieurs heure, on se battit ainsi, à midi les Anglais comprirent qu’il serait de leur intérêt de se mettre à l’abri comme les patriotes, ils s’embusquèrent derrière des piles de bois à côté d’une grange, retranchés ainsi ils continuèrent à tirer avec plus de fureur, mais chaque fois qu’un habit rouge paraissait, il recevait une balle.

Le colonel Gore trépignait de rage en se voyant ainsi arrêté par une poignée d’hommes. La bataille durait depuis cinq heures, ses troupes étaient décimées, ses munitions s’épuisaient et le feu des patriotes était toujours aussi vif, aussi nourri. Trois fois Mark, voulant tourner la position des Canadiens afin de les cerner, s’était élancé avec ses soldats à pas de course, toujours il avait été obligé de reculer ; une quatrième fois il veut tenter la