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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/134

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Alors j’ai le temps de parcourir mon journal avant de faire mes visites. Apportez-moi l’« Aurore des Canadas », il doit y avoir aujourd’hui la chronique scientifique de monsieur Du Vallon.

— Voici, monsieur.

Le docteur parcourut le journal.

— Tiens, il n’y a pas de traité scientifique, l’auteur change de sujet, voyons ce que c’est, un titre singulier. « Comment les gants de soie peuvent briser les destinées. »

De médecin lit, plus il avance plus l’intérêt le captive, enfin il pousse un profond soupir comme si un poids énorme lui était enlevé.

— Étrange, étrange, dit-il, jamais je n’ai soufflé mot de mes impressions à âme qui vive, ici je les retrouve toutes vivaces ; les auteurs sont-ils sorciers pour deviner nos plus secrètes pensées ? Du Vallon a un regard de lynx ; mais enfin il y a du mystère dans ceci, je veux savoir ! je saurai. Jérôme.

— Monsieur.

— Donnez-moi mon paletot, je pars de suite, quelque chose d’imprévu.

Cinq minutes plus tard le docteur Clermont se dirigeait d’un pas rapide vers la demeure de monsieur Du Vallon.


XVI


Le lendemain du triomphe de monsieur Viger, sous un ciel nébuleux, l’airain des cloches