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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/129

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Halte, crie-t-il en même temps aux soldats, au nom du peuple rendez-nous les prisonniers.

— Attention ! répond furieusement Ermartinger. « Make ready. Go on. Fire. »

— Halte, reprend encore Viger, livrez-nous les prisonniers.

Sept ou huit coups de fusil lui répondent, deux balles l’atteignent, l’une lui effleure la jambe, l’autre lui enlève le bout du petit doigt. Nous n’étions alors qu’une dizaine d’hommes autour de Viger, il ordonne cependant de tirer, ajuste lui-même celui qui est à la tête de la cavalerie et l’atteint au genou. Les chevaux effrayés se cabrent, s’emportent. Le désordre se met au milieu des Anglais, ils croient avoir affaire à une centaine d’hommes déterminés en entendant le commandement de Viger qui, debout sur une clôture, crie, parle, commande, comme s’il y avait partout des patriotes cachés attendant ses ordres. Profitant de la confusion il s’écrie :

— En avant, mes braves, à mort les chouayens, feu, feu.

Bon nombre de chevaux, blessés par les balles, prennent le mors aux dents. Toute la troupe effrayée s’enfuit, Viger s’élance alors dans le chemin, pour arrêter la voiture qui traîne les prisonniers Dumaray et Davignon, il frappe les chevaux de son épée, l’un d’eux s’a-