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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/127

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

Sur la route, quelques rares fenêtres encore éclairées s’ouvraient et des curieux mettaient le nez au dehors, pour voir passer le cheval qu’ils croyaient furieux ; avant qu’on eût reconnu celui qui le montait il était déjà loin et en moins de dix minutes atteignait la maison du Docteur Chénier.

Onze heures sonnaient alors à l’église du village. De jeune homme sauta lestement à bas, attacha sa jument couverte de sueur à un arbre voisin puis frappa. La porte s’ouvrit, le docteur Chénier pressant le jeune homme dans ses bras, s’écria :

— Enfin, vous voilà, Pierre, comme nous étions inquiets ; quelle nouvelle ?

— Nous avons battu les bureaucrates.

— Alors il y a eu combat ? Racontez vite, vite, cher enfant.

— Voici, monsieur. Bonaventure Viger apprit à Boucherville, que des officiers de police, accompagnés d’un détachement de cavalerie, étaient passés sur le chemin de Chambly, à cette nouvelle il vint immédiatement chez le capitaine Vincent, à Longueuil, où nous étions réunis une trentaine d’hommes armés.

— Voyez, monsieur, lui dit le capitaine tout couvert de boue, si je ne m’étais caché dans un fossé la troupe m’aurait arrêté. Il faut absolument nous préparer à faire le coup de feu.