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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/121

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

un immense bonheur sa destinée entre vos mains.

Un éclair de joie illumina le regard du jeune homme.

— Merci, dit-il, ces paroles me font oublier mes angoisses, que ne peut-on souffrir pour avoir le bonheur de les entendre de vos lèvres.

— Ne souffrez plus, Pierre, je vous le demande, j’en serais trop malheureuse. D’ailleurs si vous y tenez, nous pouvons nous marier cette semaine.

— Non, chère enfant, nous attendrons le rétablissement de ma mère. En ce beau jour de nos noces je veux que tous ceux que j’aime soient parfaitement satisfaits. Votre présence à Saint-Eustache dissipera toutes mes craintes, auprès de vous je deviendrai plus raisonnable.


XIII


Oh ! joie immense, revoir la route dans laquelle elle avait entendu cette incomparable musique, harmonie que le cœur ne saurait oublier puisqu’on la faisait vibrer pour lui. Ces paroles divines : « je t’aime » c’était dans ce sentier qu’il les lui avait murmurées pour la première fois, dans son esprit se faisait le mirage ravissant de ces lieux, si souvent regrettés : la rubandelle blanche de l’allée s’étendait de nouveau devant elle, elle revoyait comme à cet instant les sapins, les bluets, les timides violettes, les poussiéreux brins d’herbe courbant la tête