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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/118

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

famille a-t-elle appris votre détermination, de venir habiter chez le Dr Chénier jusqu’au rétablissement complet de ma mère ; puisque vous m’infligez cette pénitence de retarder notre union jusqu’à cette époque.

— En agissant ainsi, Pierre, je n’ai pas voulu vous attrister, votre mère a si souvent exprimé le désir d’assister à la bénédiction nuptiale de son unique fils, j’ai cru que vous partageriez mon opinion à ce sujet, la vilaine entorse dont elle souffre actuellement sera guérie en quelques semaines, d’ici là, cher ami, nous nous verrons chaque jour.

— Vous avez raison, vous pensez à tout, bonne petite fée, dans mon bonheur je suis un égoïste, je vous demande pardon de ce reproche, j’ai si souvent éprouvé l’angoisse de la peur de vous perdre, que je suis devenu pessimiste, je ne me sentirai parfaitement rassuré que le jour où vous serez ma femme, où une barrière infranchissable vous séparera de votre famille, de votre cousin surtout.

— Vous n’avez plus rien à craindre de lui maintenant je suis en âge, je profite du voyage qu’il fait en ce moment aux Bermudes pour quitter la maison de mon oncle ; la famille Girardin part demain pour Saint-Eustache, je vous ai écrit afin que nous puissions tous faire route ensemble. Nos malles sont prêtes. Mon oncle, ma tante apprendront mon départ lors-