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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/113

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

fatale, s’aguerrir contre tout sentiment du cœur, et demeurer vieux garçon comme moi.

— Ah ! fi donc ! monsieur, vos théories sont criminelles, vous voudriez toutes nous vouer au célibat.

— Mais nous ne le voulons pas, s’écrièrent ensemble cinq ou six jeunes voix, nous voulons toutes nous marier.

— Alors vous voulez toutes avoir des maîtres, des tyrans ?

— Non, non, nous voulons des bons garçons.

— Ah ! ah, ah ! mes jeunes filles, vous ignorez que les bons garçons sont rares comme les fines perles.

— Précisément, ce sont ces fines perles que nous voulons trouver, dit Gabrielle.

— Monsieur, vous arrivez à temps, fit monsieur Pelletier, s’adressant à monsieur DuVallon qui s’avançait vers eux ; vous êtes auteur, vous pourrez mieux que moi convaincre ces jeunes filles de l’erreur où elles sont, de croire les hommes des perfections capables de leur donner des bonheurs de roman.

— Monsieur, le roman n’a de mérite que s’il est sculpté sur le vif. Je ne dirai pas pour cela que les perfections existent, mais j’ai la certitude qu’il y a des hommes capables, malgré leurs grands défauts de rendre une femme heureuse et j’aime à retrouver chez la jeune fille toutes les belles illusions ensoleillant ses rêves