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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/105

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

— Oui, je le lui ai dit afin de lui rendre, le plutôt possible, les forces qu’elle a perdues, épuisée par l’anxiété et les longues veillés.

— Docteur, elle ne sera pas malade, n’est-ce pas ? interrogea la jeune fille devenue subitement un peu pâle.

— Non, non, ne vous alarmez pas, mon enfant. vous êtes là pour la ramener avec votre bonne mine et votre gaîté.

— Ah ! vous me rassurez, car j’aimerais mieux mourir que de perdre ma petite mère adorée ; pourtant la vie est attrayante lorsqu’il nous est permis d’admirer une nature aussi belle que celle-ci. Ce ciel bleu, cette délicieuse rivière serpentant aujourd’hui comme un ruban moiré pailleté de diamants, me rendent tout heureuse, après avoir été enfermée deux longs mois, dans ma chambre sur un lit de souffrance. Il me semble que je ne pourrai me rassasier d’aspirer l’air pur du dehors, d’admirer la beauté de la campagne qui nous donne de si belles roses.

— Elles sont superbes en effet celles que vous m’apportez là, mon enfant. Voyez, mademoiselle Aubry, dit le docteur, en prenant les fleurs des mains de la nouvelle venue, pour les montrer à Lucienne, c’est à madame Girardin et sa jeune fille ici présente que je dois le plaisir de les posséder.

Lucienne salua.