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Page:Bibaud - Les fiancés de St-Eustache, 1910.djvu/103

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LES FIANCÉS DE ST-EUSTACHE

jourd’hui vous porter ces fleurs, ma mère n’a pas eu le temps d’allonger mes robes et elle désirait vous envoyer ces roses, elle vous adore ma mère, depuis que vous m’avez sauvée.

— Merci, chère enfant, je suis bien honoré, pour mon peu de mérite, d’être placé au rang dieux, c’est vous plutôt que l’on devrait adorer comme Flore, vous êtes ravissante aujourd’hui, je suis heureux de voir vos joues roses comme vos fleurs, elles contrastent joliment avec vos yeux bleus ; il n’y a plus là, dit-il en passant la main avec affection sur la tête de la jeune fille, ces belles tresses de cheveux blonds, la vilaine fièvre nous a forcés de les couper ; mais ces mèches bouclées ne les remplacent pas mal.

— Oui, avec mes cheveux courts et ma jupe presqu’aux genoux, je ferais un bon page.

Lucienne regardait avec intérêt le charmant tableau que faisait la nouvelle venue, accompagnée d’un énorme chien Saint-Bernard. Elle paraissait à peine âgée de quinze ans, sa physionomie était un ensemble de finesse et d’espièglerie ; tout dans ce jeune visage respirant la joie, le bonheur de vivre, expression se trouvant presque toujours dans le regard d’enfants bien élevés, chéris et choyés de leurs parents. Sa robe de crêpon bleu modulait bien la sveltesse de sa taille, les manches bouffantes, ouvertes sur le côté, laissaient voir ses bras par-