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que celui de Râma pour Sîtâ ? Savez-vous plus noble exemple d’exquise pondération d’esprit, de patience, de sérénité que celui du législateur exilé, Yûdhishithira ? Trouvez-vous nulle part le devoir plus parfaitement incarné qu’en Bhîshma qui, couché sur son lit de flèches, répand la plus divine sagesse sur les disciples réunis autour de lui ? Telle était l’âme façonnée par le précepte et l’exemple, c’est ainsi que d’étape en étape elle était guidée dans la conduite quotidienne.

Viennent enfin les deux derniers stades de la vie, alors que les devoirs de famille ont été remplis : c’est la vie dons la forêt ; le mari et la femme y emportent l’âtre dont le feu avait été allumé lors de leur mariage et mènent là une vie de paisible contemplation, loin du monde, laissant derrière eux de grands fils qui continueront de remplir les devoirs envers l’État et le foyer. En dernier lieu, l’étape du reclus, de l’ascète, où l’âme est laissée face à face avec Brahma. Telle était la vie ordonnée et progressive, contenue et digne, par laquelle l’âme était disciplinée et développée, jusqu’à ce que vînt le moment où s’ouvraient devant elle les trois sentiers ou Margas, la pratique de la Yoga commençant aux deux