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laquelle sont soumis, en ce monde, tous nos processus intellectuels.

Je commencerai par exposer brièvement les vérités fondamentales, spirituelles et philosophiques sur lesquelles tout l’Hindouisme repose et qui, si elles sont parfaitement comprises, indiquent que l’homme a réalisé sa fin. Jetons un regard sur les débuts de l’Univers, sur le commencement de la manifestation lorsque Brahma, le Moi de l’Univers, se manifeste lui-même afin que l’Univers soit. Nous lisons dans les textes : « Lorsqu’il est manifesté, tout est manifesté après lui : par sa manifestation tout ce que nous voyons devient manifeste[1] ». Que fait-il pour se manifester ? Nous ne le savons pas, mais on nous dit que c’est par un acte de sacrifice. « Oui, l’aurore de la vérité est la tête du cheval du sacrifice[2]. » La sagesse occulte nous enseigne que cet acte de sacrifice est la limitation de Brahman par lui-même, le fait qu’il se circonscrit lui-même par Mâyâ, c’est-à-dire par Avidyâ[3]. Sans cela,

  1. Mundakopanishad, II, II, 10.
  2. Brihadâranyakopanishad, I, I, 1.
  3. Mâyâ, c’est l’illusion, le transitoire, tout ce qui change par opposition à la réalité permanente, à la vie unique. Par suite, c’est la racine de la matière, la matière étant ce qui prend forme et s’adapte aux impulsions de la vie qu’elle recouvre : Avidyâ, l’absence de science, n’en est qu’un autre nom.