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Page:Besant - Des religions pratiquées actuellement dans l’Inde.djvu/177

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il remit l’épée au fourreau et se souvint des autres paroles, à savoir que la haine ne cesse pas par la haine. Le roi se réveilla et dit qu’il avait rêvé que le prince dépossédé par lui, l’avait tué : alors le jeune homme, tirant son épée, se fit connaître et dit au roi : Ta vie est à ma merci. Le roi demanda grâce pour sa vie et le prince lui répondit : « Non, ô roi, j’ai au contraire mérité de perdre la vie par cette menace et c’est à toi, au contraire, de me la rendre avec ton pardon. » Ainsi il épargna la vie du roi qu’il eût pu prendre, et le roi, pardonnant son offense, lui fit aussi grâce de la vie ; alors le prince rapporta au roi les paroles que son père lui avait dites avant de mourir : « Mon père m’a enseigné que je ne doit point tarder — je ne dois pas garder de haine ; il m’a enseigné à n’être pas prompt — je ne dois pas mettre de hâte à agir. Il m’a appris que la haine ne cesse jamais par la haine, mais que la haine cesse par l’amour. Car si je l’avais assassiné, tes amis, en revanche, m’auraient assassiné — et mes amis auraient tué les tiens et ainsi la haine n’aurait pas cessé ; mais, maintenant, nous nous sommes l’un à l’autre accordé la vie et ainsi la haine a cessé par l’amour. » Alors les disciples du