Page:Bertrand - Sanguis martyrum, 1918.djvu/156

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

II

À L’AUBERGE DE L’AIGLE

Vingt sept personnes, parmi lesquelles vingt femmes, furent capturées par la police dans la crypte de l’église. Perdues au milieu des ténèbres, elles ne purent trouver l’entrée du souterrain, dont les fuyards avaient d’ailleurs refermé la porte sur eux. Leur sort inspirait au reste de la communauté les plus angoissantes inquiétudes, car, aux termes du rescrit, la moindre peine qu’elles pussent encourir était la mort. Mais la colère des magistrats et la cruauté des foules, surexcitées par les dernières exécutions, ne se contenteraient pas certainement de la mort toute simple ; on y joindrait les raffinements des pires supplices.

Quant à Cécilius Natalis, le bruit courait qu’il allait être poursuivi, d’abord pour avoir prêté sa maison aux chrétiens frauduleusement assemblés, et ensuite comme responsable de la manifestation et des troubles du cimetière. Peut-être pour éviter un dangereux scandale en arrêtant, dans sa villa, un si important personnage, peut-être uniquement grâce à l’intervention secrète de Julius Martialis, ou plutôt de son fils Marcus, il fut mandé à Lambèse, afin de s’expliquer devant le légat impérial. Il s’apprêtait à partir, quand, à l’improviste, un courrier lui apporta la nouvelle que Birzil, avec tous ses serviteurs, venait d’être enlevée par les Maures… « Des détachements de cavaliers, mis en fuite à Auzia, avaient gagné le désert,