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les vierges de syracuse

la blancheur de sa peau, et Rhodoclée la femme de Théophraste, le trésorier du roi Hiéron. Elles se tenaient par la main et guidaient au milieu de la foule leurs deux jeunes enfants. À cet instant, Gullis déboucha d’un massif de lotus et, sans en être priée, leur barra la route.

— À la bonne heure ! Voilà Damalis qui se console de son veuvage…

La Jacinthe, qui en effet avait perdu son mari aux dernières panégyries, rougit un peu malgré sa pâleur :

— Si je suis là, c’est pour ma petite fille. L’enfant s’ennuie, toujours enfermée dans la maison ; j’ai suivi Rhodoclée qui est venue me chercher avec son plus jeune garçon.

— Oui, dit Rhodoclée en souriant à l’enfant, et son père Théophraste a promis de nous mener à la comédie ; nous lui avons donné rendez-vous près de la statue du dieu ; mais il n’est pas facile d’avancer.

Et elle ajouta pour être polie :

— Et Orthon l’orfèvre, votre cher époux, va bien ?

Gullis haussa ses fortes épaules :

— Il va aussi bien que peut aller celui qui fait en tout le double de ce qu’il doit faire. Mange-t-il ? il en avale plus que ses boyaux n’en peuvent digérer. Travaille-t-il ? le voilà qui s’use les yeux à