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Page:Bernardin, Un précurseur de Racine - 1895.djvu/8

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AVANT-PROPOS


Voilà, dira-t-on sans doute, sur un poète très oublié un livre bien gros. C’est parce que le poète nous a paru injustement oublié que nous avons entrepris d’écrire le livre, et parce que l’on ne savait rien ou presque rien de lui que le livre est si gros : nous avions tout à dire. Pour porter la lumière sur une vie très peu connue, fort agitée, et d’un intérêt général en somme, puisque Tristan, gentilhomme de vieille race attaché aux ducs d’Orléans et de Guise, a, connu, fréquenté, chanté les hommes qui, de manière ou d’autre, ont été mêlés à l’histoire du règne de Louis XIII et de la régence, et les femmes, dont la beauté, alors radieuse, est encore aujourd’hui célèbre, nous avons dû citer, confronter, éclairer l’un par l’autre un nombre considérable de textes très divers, réfuter des erreurs accréditées, discuter des assertions contradictoires, enfin, quand nous ne pouvions arriver à la certitude, présenter, en les appuyant sur des faits et des déductions, quelques conjectures, et tout cela naturellement a exigé d’assez grands développements. D’autre part, pour expliquer et justifier la réputation dont Tristan a joui au XVIIe siècle à côté de Corneille et même de Racine, pour montrer ce que lui doit ce dernier poète, il était nécessaire de replacer les tragédies de Tristan dans leur cadre, d’entrer dans le détail de ces poèmes aujourd’hui peu lus et dont certains même sont devenus assez rares, et d’en citer quelques extraits caractéristiques. Enfin il nous a paru intéressant et utile de recueillir et de joindre a cet ouvrage, dans un Appendice, avec quelques pièces justificatives, plusieurs poésies encore inédites de Tristan, un certain nombre de petits poèmes de lui, que nous avons retrouvés çà et là dans des recueils du XVIIe siècle ou en tête des œuvres d’auteurs du temps, enfin quelques Odes publiées séparément par Tristan lui-même, mais dont on ne connaît plus qu’un ou deux exemplaires.

En revanche, nous avons cru pouvoir nous dispenser de donner, à la suite de cet ouvrage, la liste interminable des manuscrits et