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ACTE PREMIER
LA BARONNE.

Qu’est-ce que vous me racontez-la ? Elle n’a pas de honte à cacher.

BERTRAND D’AVRON.

Vous direz ce que vous-voudrez, ma chère amie. Votre proposition part d’un bon naturel ; mais ça m’ennuie un peu de venir demander la main d’une jeune fille juste quinze jours après une affaire comme celle-là !

LA BARONNE.

Allez ! allez ! je vous laisse aller ! Et voilà pourtant comme on écrit l’histoire ! Je sais, moi, comme les choses se sont passées. Il est très vrai qu’au dernier moment Houdan — un garçon sur le compte duquel je suis bien revenue — enfin celui que vous appelez Triplepatte, n’a pas prononcé son « oui »… Mais les gens qui sont au courant vous diront pourquoi : C’est parce qu’il savait très bien que la jeune fille allait répondre : « non ».

BERTRAND D’AVRON.

Oui, madame ! oui, madame ! Racontez ça comme vous voudrez ; mais, moi, je connais Triplepatte.

LA BARONNE.

Mais moi aussi, je connais Triplepatte ! Hélas !

BERTRAND D’AVRON.

La seule raison qui aurait pu lui faire dire oui, c’était de penser que la jeune fille allait dire non.

LA BARONNE.

Vous êtes mieux renseigné que moi !