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NOTE


Des directeurs s’obstinent, malgré toutes mes réclamations, à annoncer Triplepatte sous mon nom seul. Des critiques ont bien voulu m’appeler le père de Triplepatte. C’est faire tort à la mémoire de mon collaborateur, car, si la pièce a deux auteurs, le véritable père de Triplepatte, c’est André Godfernaux.

Mettons, si vous voulez, que je sois la mère de Triplepatte.

André Godfernaux avait écrit une pièce en quatre actes qui portait ce titre excellent. Lorsqu’il me demanda de collaborer avec lui, peut-être fut-ce qu’il voyait quelque parenté entre le héros de sa pièce et tels personnages de mes ouvrages. Triplepatte était leur cousin. (À ce compte, je serais donc l’oncle de Triplepatte.)

Nous avons, André Godfernaux et moi, complété la pièce primitive. Nous lui avons ajouté un dénouement qui nous a semblé logique. De même, nous avons légèrement modifié le caractère de Triplepatte. On pouvait lui reprocher d’être un aboulique dont le cas relevait un peu de la pathologie. Nous lui avons enlevé cette excuse et nous avons essayé d’en faire un indécis comme tout le monde, d’une indécision simplement plus marquée, moins dissimulée, plus consciente que celle des camarades.

Triplepatte a connu la faveur du public ; mais mon pauvre ami Godfernaux n’a pu assister qu’au début de son succès.

La pièce fut jouée à l’Athénée. Après la répétition générale, elle fut traitée par certains critiques avec sévérité. Ils pronostiquaient qu’elle n’irait pas très loin.

Abel Deval, au cours des représentations, fit une nouvelle convocation de presse. L’affiche portait Trois-centième. Cette fois, tous les critiques, disposant d’un nouvel élément d’appréciation, n’hésitèrent pas à prédire à Triplepatte une belle carrière,

T. B.