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Page:Bernanos - Sous le soleil de Satan, tome 2, 1926.djvu/241

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LE SAINT DE LUMBRES

tude d’un homme que la surprise met debout.

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Que d’autres soient, d’une main amie, sous un frais drap blanc, disposés pour le repos ; celui-ci se lève encore dans sa nuit noire, écoute le cri de ses enfants… Il a encore quelque chose à dire… Non ! son dernier mot n’est pas dit… Le vieil athlète percé de mille coups témoigne pour de plus faibles, nomme le traître et la trahison… Ah ! le diable, l’autre, est sans doute un adroit, un merveilleux menteur, ce rebelle entêté dans sa gloire perdue, plein de mépris pour le bétail humain lourd et pensif que les mille ressources de sa ruse excitent ou retiennent à son gré, mais son humble ennemi lui fait front, et sous la huée formidable remue sa tête obstinée. De quelle tempête de rires et de cris le joyeux enfer acclame la parole naïve, à peine intelligible, la défense confuse et sans art ! Qu’importe ! un autre encore l’entend, que les deux ne cèleront pas toujours !

Seigneur, il n’est pas vrai que nous vous ayons maudit ; qu’il périsse plutôt, ce menteur, ce faux témoin, votre rival dérisoire ! Il nous a tout pris, nous laisse tout nus, et met dans