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Page:Bernanos - Sous le soleil de Satan, tome 2, 1926.djvu/184

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SOUS LE SOLEIL DE SATAN

— Pauvre cher homme qui dîne à des heures impossibles, et passe plus d’une fois la nuit tout entière à genoux sur le pavé, dans la chapelle des Saints-Anges !

— Il y est encore, messieurs, sûr comme vous voilà ! Vous le trouverez dans le petit retrait de la muraille, derrière la table à burettes — une place qu’il aime, — aussi seul qu’en plein bois de Bargemont.

— Ladislas ! dit-elle au sacristain qui parut alors sur le seuil, une pile de linge aux bras, l’as-tu vu, toi, en faisant la ronde ?

Mais le bonhomme secoua la tête.

— On ferme les portes de l’église, expliqua-t-elle, à six heures, et Ladislas ne les ouvrira qu’à neuf heures, à la prière du soir et au salut. C’est le moment que notre curé se réserve pour mettre un peu d’ordre là-bas, voyez-vous, et ranger à sa mode… Pensez ! Il a obtenu de Monseigneur que le Saint-Sacrement serait exposé toute la nuit !… Donnes-tu les clefs à ces messieurs ? demanda-t-elle à Ladislas, avec un peu d’embarras.

— J’aime autant les accompagner moi-même, répondit le sacristain, bourru. J’ai une consigne, après tout, la mère ! Le temps de cas-