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Page:Bernanos - Sous le soleil de Satan, tome 1, 1926.djvu/88

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SOUS LE SOLEIL DE SATAN

Elle se redressa tout de suite. Ses joues étaient déjà roses. Elle répétait machinalement : « C’est fini… C’est fini… » mais d’un autre accent.

Cependant Gallet avait quitté la place. Il revint presque aussitôt, soucieux.

— Je n’y comprends rien, fit-il. La porte de la buanderie est ouverte, et la fenêtre de la cuisine aussi. Cependant Timoléon n’est pas rentré ; j’ai vu ses deux sabots sur les marches…

Il haussa le ton pour dire à sa maîtresse avec une affreuse grimace :

— Quelles folies tu me fais faire !

Elle sourit.

— C’est la dernière. Je vais être sage.

— Sacré Timoléon ! La maison est comme un moulin, ma parole !

— De qui as-tu peur ?

— J’ai cru un moment que c’était ma femme, répondit naïvement le grand homme de Campagne.

Il crut plus digne d’ajouter aussitôt :

— Elle rentre ainsi quelquefois sans crier gare.

— Laisse ta femme en paix, répondit Mouchette, décidément calmée. Nous l’aurions vue. Je veux aussi te demander pardon : j’ai été si désagréable, mon pauvre chat ! Tu aurais bien