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Page:Bernanos - Sous le soleil de Satan, tome 1, 1926.djvu/67

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HISTOIRE DE MOUCHETTE

— Tais-toi, Mouchette, finit-il par murmurer, d’une voix déjà étranglée, ou parle plus bas.

— Je te défends de m’appeler Mouchette, répliqua sèchement Mlle Malorthy. Mouchette, non !

Elle jeta son manteau sur une chaise et se tint debout devant lui.

— Tu peux te rendre compte, dit-elle. On ne croit jamais ça d’emblée.

— Depuis… depuis quand ?

— Environ trois mois. (Elle commençait de dégrafer tranquillement sa jupe, une épingle entre les dents.)

— Et tu m’as… tu avoues maintenant…

— Oh ! Oh ! avouer ! fit-elle en essayant de rire sans lâcher l’épingle. Tu as des mots !

Les lèvres closes, ses yeux riaient d’un rire d’enfant.

— Tu ne vas pas te dévêtir ici, voyons ! remarqua le docteur de Campagne, faisant un grand effort pour rattraper son sang-froid, passe au moins dans mon cabinet.

— Qu’est-ce que ça fait ? dit Germaine Malorthy. Donne seulement un tour de clef. Dans ton cabinet, je grelotte.

Il haussa dédaigneusement les épaules mais déjà l’observait de biais, la gorge sèche. Elle,