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Les violoncelles unis au nombre de huit ou dix, sont essentiellement chanteurs ; leur timbre sur les deux cordes supérieures, est un des plus expressifs de l’orchestre. Rien n’est plus voluptueusement mélancolique et plus propre à bien rendre les thèmes tendres et langoureux qu’une masse de violoncelles jouant à l’unisson sur la chanterelle.

Ils sont excellents aussi pour les chants d’un caractère religieux c’est alors au compositeur, de choisir les cordes sur lesquelles la phrase sera exécutée. Les deux inférieures l’ut et le sol, surtout dans les tons qui permettent de les employer souvent à vide sont d’une sonorité onctueuse et grave parfaitement convenable en pareil cas, mais leur gravité même ne permet guère de leur donner que des basses plus ou moins mélodiques, les véritables dessins chantants devant être réservés pour les cordes supérieures. Weber, dans l’ouverture d’Oberon, a fait avec un rare bonheur chanter les violoncelles dans le haut pendant que deux clarinettes en La à l’unisson font entendre au-dessous d'eux leurs notes graves. C’est neuf et saisissant.

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