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Dans l’Adagio d’une de mes Symphonies, le Cor anglais, après avoir répété à l’octave Basse les phrases d’un hautbois comme ferait dans un dialogue pastoral la voix d’un adolescent répondant à celle d’une jeune fille, en redit les fragments (à la fin du morceau) avec un sourd accompagnement de quatre timbales, pendant le silence de tout le reste de l’orchestre. Les sentiments d'absence, d’oubli, d’isolement douloureux qui naissent dans l’âme de certains auditeurs à l’évocation de cette mélodie abandonnée, n’auraient pas le quart de leur force si elle était chantée par un autre instrument que le cor Anglais.

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