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Athènes, je n’ai pas retrouvé la petite tombe où nous avions porté Mlle Kateja à travers les rues montantes, cortège d’amoureux de table d’hôte.


Avant de partir pour Menton, j’avais laissé entre les mains de Coquelin le manuscrit d’une pièce nouvelle, vainement lue et présentée, celle-là, à la Comédie-Française. Par une malchance, que j’ai retrouvée ensuite toute ma vie, le thème dramatique que j’y traitais, quoique inspiré par un fait vécu, et « tranche de vie » avant la lettre, avait été retenu par Octave Feuillet pour une certaine Julie à laquelle il travaillait et que la Maison attendait. Il n’y avait donc pas de préséance, et j’avais été sacrifié.

Bien avant l’administration de Jules Claretie, les ouvrages reçus au Théâtre-Français ont toujours été ceux qui le sont partout sur scénario et crédit de signature, ce qui rend, par parenthèse, l’institution du comité de lecture parfaitement illusoire.

Je dois dire cependant que, si j’avais voulu écouter Regnier, je passais la jambe au Musset des familles. Regnier, fort grand artiste de son art, mais docile à Scribe dans l’autre, avait été frappé de quelques mérites de mon Père et Mari, du moins pouvais-je le croire, car il m’attendait à la sortie, et, me prenant paternellement le bras, il m’entraîna dans la rue Richelieu, je m’en souviens, par une pluie battante.

— Voulez-vous changer votre dénouement ? me disait-il avec cette agitation de tous les membres qu’il avait à la ville comme à la scène et qui le signait « acteur » des pieds à la tête. Si vous consentez à changer votre dénouement, je me charge de tout, et