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crits de la Bibliothèque Bodléienne d’Oxford, sous le no 236, a communiqué le texte de huit stances prises au commencement des Livres I et II.

Quand le texte de la présente édition a été imprimé, c’est-à-dire il y a dix-huit mois, j’ignorais encore l’existence d’une édition du Bhâminî-Vilâsa publiée en 1862 par Yadunâthatarkaratna, professeur à Calcutta. Cette édition n’est cependant pas complète ; elle ne donne pour le Livre II que 101 stances au lieu de 182. Elle n’est d’ailleurs pas très-correcte. Je crois inutile de relever ici les fautes d’impression qui sont assez nombreuses, surtout dans la seconde moitié, et les mauvaises variantes qui détruisent le mètre de certaines stances. On trouvera pourtant dans la note sur la stance 13 du Livre I l’indication des stances âryâs qui sont ainsi corrompues. Au texte sont jointes des notes en sanscrit, généralement conformes au commentaire dont je vais parler, et qui paraissent même lui être empruntées en partie.

Le Bhâminî-vilâsa a fait l’objet d’un commentaire perpétuel composé en sanscrit par Manirâma, fils de Râmacandra. Ce commentaire comprend, après l’indication du sens général, l’interprétation du texte mot par mot, puis l’explication des figures de Rhétorique, et enfin, pour les points difficiles, le renvoi aux autorités, soit en Grammaire, soit en Lexicographie. Il a été écrit en 1802 (sadvarshe’shta-çarâshta-candrakalite[1]) ; c’est l’auteur qui nous le dit lui-même dans la seconde des stances qu’il a composées pour servir d’épilogue à son travail.

D’après Galanos[2], qui ne cite pas du reste ses autorités, l’auteur du Bhâminî-vilâsa avait reçu son surnom (Pandita-râja) de l’empereur Akbar dont il était le conseiller et le commensal[3]. Aufrecht[4] dit également que d’après Venkata, Djagannâtha vivait sous l’empereur Akbar, et que cette opinion est assez vraisemblable. Mais de quel Venkata s’agit-il ? Est-ce de l’auteur du çabdârtha-kâlpa-taruh, qui vivait à Madras au commencement de ce siècle, ou de l’auteur du viçva-gunâdarçah qui écrivait à la fin du xvie siècle, et aurait été par conséquent contemporain de Djagannâtha, ou enfin de quelque

  1. Littéralement : « dans l’année désignée par la Lune (1), 8, les flèches (de l’Amour, 5) et 8, c’est-à-dire samvat 1858 correspondant à l’année de notre ère 1802.
  2. Loc. cit., p. 127.
  3. On sait qu’Akbar régna de 1556 à 1605.
  4. Loc. cit.