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CHANT III.
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J’emprunterai de lui ce refrain bien connu :
Servez chaud. Sur ce point l’auteur m’a prévenu :
Le ragoût le plus fin que l’art puisse produire,
S’il est froid et glacé ne saurait me séduire
Faites que vos amis, pleinement satisfaits,
En sortant de chez vou ;  ; ne se plaignent jamais.
De leurs goûts différents apercevez la trace :
L’un préfère la cuisse, un autre la carcasse.
Offrez en général les ailes du poulet,
Le ventre de la carpe et le dos du brochet.
Observez dans vos dons une exacte justice.
Ne favorisez point par orgueil ou caprice,
Tel homme plus puissant ou plus considéré.
Qui voudrait jouir seul d’un morceau préféré.
Ah ! si l’égalité doit régner dans le monde,
C’est autour d’une table abondante et féconde ;
Les enfants de Cornus, sujets aux mêmes lois,
N’ont rien qui les distingue et sont égaux en droits.