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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/97

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fond du vaisseau. Là, derrière d’épais rideaux, il aperçut un petit autel, une lampe suspendue au plafond, et une statue de saint Michel.

— Mais cela est prodigieux ! murmura le prélat, en découvrant quelques personnes agenouillées. Je suppose, reprit-il, que ces paquebots, et les chemins de fer, et tout le reste appartiennent à l’État ?

Le P. Jervis secoua la tête.

— C’est qu’on a essayé sous le régime socialiste, dit-il. On a essayé toute sorte de choses qui étaient dans l’air depuis longtemps, et dont l’échec décisif nous a laissé de précieuses leçons. Voyez-vous, monsignor, dans ce bas monde, dès que la concurrence s’arrête, l’effort s’arrête aussi. La nature humaine, en fin de compte, doit être prise telle qu’elle est. Les socialistes avaient oublié cela. Non, aujourd’hui, nous encourageons autant que possible l’initiative privée, sous le simple contrôle de l’État.

Au sortir de la chapelle, le P. Jervis demanda à monsignor :

— Ne voudriez-vous pas vous reposer un peu ? Nous n’arriverons pas avant trois heures ; et le cardinal a fait réserver sur l’aérien une chambre pour nous.

Il désignait du doigt une petite cabine, sur la porte de laquelle son nom se trouvait inscrit. Monsignor s’empressa d’accepter.

— Mais oui, dit-il, je le veux bien ! J’ai tant de choses à méditer !