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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/95

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Monsignor eut d’abord quelque peine à se reconnaître, dans l’éclat des lumières qui illuminaient la ville étendue à ses pieds : mais peu à peu il reconnut quelque chose comme un radeau flottant, dont les contours étaient faits de flamme.

— Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-il.

— C’est un quai aérien, naturellement chargé d’aéroline. Il s’élève en ligne droite de la station d’au-dessous, et est maintenu en position à l’aide d’écrous. Vous allez le voir redescendre après que nous serons partis. Venez à l’arrière, nous verrons mieux de là.

Au moment où ils atteignirent l’autre extrémité du vaisseau, le vol de celui-ci s’était ralenti jusqu’à donner l’impression de l’immobilité ; et aussitôt que monsignor put se pencher sur la balustrade, il vit que l’aérien glissait très lentement tout contre le rebord du large radeau qu’on avait aperçu précédemment. Puis il y eut un instant de remous, une vibration légère ; et puis monsignor entendit des voix et un bruit de pas sur le pont du navire.

— Voilà qui est fait prestement, n’est-ce pas ? demanda le P. Jervis.

Cinq minutes plus tard, les trois coups de cloche retentirent, comme au départ de Londres ; et au quatrième coup, soudain, monsignor vit descendre, plonger rapidement comme une pierre au fond d’un puits, la vaste plate-forme qui, tout à l’heure, lui avait semblé aussi immuable que le sol d’où elle s’était élevée. Dès l’instant suivant, le voyageur,