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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/92

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autour de soi, ses veux tombèrent sur le rebord du navire. Il saisit convulsivement le bras de son compagnon.

— Voyez, dit-il, qu’est-ce que c’est ?

— Mais oui, nous voici partis ! répondit tranquillement le vieux prêtre.

Au-dessous d’eux, de chaque côte, s’étendait maintenant une vue à vol d’oiseau, presque illimitée et merveilleusement belle, d’une cité illuminée, — séparée d’eux par ce qui semblait un abîme incommensurable. De l’énorme hauteur où ils s’étaient élevés, Londres apparaissait comme un plan de ville très compliqué, avec des taches sombres entrecoupées de lignes lumineuses. Et puis, pendant que le spectateur effaré contemplait cet horizon de féerie, voici qu’il aperçut, devant soi, deux taches sombres d’une étendue énorme, avec un torrent lumineux coulant entre elles.

— Et cela ? murmura-t-il. Qu’est-ce que c’est ? Le vieux prêtre ne parut pas même s’apercevoir de son agitation.

— Mais oui, dit-il naturellement, il y a des maisons sur tout le chemin, jusqu’à Brighton, et c’est précisément leur rangée qui nous sert de direction. Je crois même que cet aérien-ci prend des passagers à Brighton.

Les deux hommes entendirent un pas s’approcher, derrière eux.

— Bonsoir, monsignor ! dit une voix. N’est-ce pas que voilà une nuit admirable ?