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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/91

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— Mais oui, monsignor, naturellement ! répondit le P. Jervis avec son sourire amusé. Les hommes ont fini par comprendre qu’il serait insensé pour eux de vouloir corriger les desseins de Dieu. Tenez, voici que l’on fait des signaux ! Nous allons partir ! Venez jusqu’à la proue ! Nous y serons mieux pour tout voir !

Le pont supérieur aboutissait aune barrière, au-dessous de laquelle saillait, vers le niveau du pont inférieur, la proue véritable du vaisseau. Sur cette proue, dans un petit compartiment de verre durci, se tenait le pilote entouré de ses roues. Mais celles-ci ne ressemblaient à rien de ce que se rappelait l’homme stupéfait qui les regardait. D’abord, elles étaient toutes petites, et puis elles se trouvaient disposées en demi-cercle autour du pilote, formant en face de celui-ci comme un grand clavier.

— Attention, dit le P. Jervis, nous partons !

Au même instant trois appels de cloche sonnèrent, d’en bas, bientôt suivis d’un quatrième. Le pilote, dès la première sonnerie, s’était redressé et avait regardé autour de soi ; au quatrième coup de cloche, il se pencha soudain sur les roues, comme un musicien qui commencerait à jouer sur un piano. Pendant les premiers instants, monsignor eut conscience d’un léger mouvement balancé, qui se trouva remplacé, presque aussitôt, par une faible sensation de resserrement des deux tempes, rien de plus. Cela même, d’ailleurs, ne fut que passager ; et lorsque monsignor put de nouveau regarder