Ouvrir le menu principal

Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/88

Cette page n’a pas encore été corrigée


avec curiosité un étrange bourdonnement remplissant l’air avec un rythme continu de montée et de descente, comme le bruit d’une ruche. Tout d’abord il croyait que ce bourdonnement provenait des machines du vaisseau ; mais bientôt il s’aperçut que c’était la rumeur des rues de Londres, à ses pieds ; et, du même coup, il découvrit pour la première fois que les piétons étaient infiniment rares, dans ces rues, tandis que toutes les chaussées étaient encombrées de voitures des formes les plus diverses. Ces voitures faisaient entendre un son de cor très doux sur leur passage, mais ne portaient aucune lumière, car les rues se trouvaient tout à fait aussi claires qu’en plein jour, avec des reflets qui semblaient descendre de sous le toit des maisons. Cet effet de lumière avait pour conséquence de faire apparaître la ville comme vue à travers une vitre ou une couche liquide, — le tout constituant un tableau merveilleusement net et élégant, où tous les mouvements auraient résulté d’un seul grand appareil ordonné et précis.

Le contact d’une main, sur le bras de monsignor, l’interrompit dans sa contemplation.

— Vous aimerez sans doute à voir le départ ? dit le prêtre. Venez par ici !

Le milieu du pont, lorsque les deux voyageurs s’en approchèrent, leur offrit une image parfaitement rassurante et aimable. Des groupes de tables et de fauteuils y étaient semés çà et là, et une douzaine environ de voyageurs s’y étaient installés