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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/87

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royaume de féerie. Il n’y avait plus, naturellement, de cheminées, mais des flèches, et des tours, et des pignons se dressaient devant les yeux comme dans un rêve, tout brillants contre le ciel sombre, illuminés d’un rayonnement à la fois très puissant et très doux. À droite, tout près de la station des aériens, s’élevait la tour de Saint-Édouard, sur laquelle trois quarts de siècle avaient déposé maintenant de douces teintes orangées. À gauche, c’était une série de constructions d’un dessin architectural que le voyageur ne comprenait point, mais dont l’aspect l’enchantait ; en face, le bloc du Palais de Buckingham lui apparaissait tel qu’il avait l’impression de l’avoir toujours connu.

Le pont du navire volant où il se tenait se trouvait suspendu au moins à 300 pieds de hauteur par-dessus le niveau du sol. Monsignor avait, tout à l’heure, examiné l’aérien entier du dehors, et avait eu comme un vague souvenir de le connaître déjà. Il lui semblait que cette notion de vaisseaux aériens éveillait dans son esprit de vagues souvenirs, mais beaucoup plus vagues que ceux des automobiles et des chemins de fer. Lorsque, une heure ou deux auparavant, il avait demandé au P. Jervis s’ils partiraient de Londres par le train, puis le paquebot, le vieux prêtre lui avait répondu que ces moyens n’étaient plus employés que pour de très petits voyages. À présent, debout sur le pont, il observait et rêvait.

Dans le calme profond d’alentour, il écoutait