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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/83

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— Tout est merveilleux, monsignor ! Au reste, il est bien vrai que cet instrument-ci a causé une véritable révolution. Il est devenu le symbole de toutes les nouvelles méthodes de la médecine.

— Et quelles sont ces méthodes ?

Le médecin se mit à rire.

— Voilà une question un peu bien grosse ! dit-il.

— Sans doute, mais…

— Eh bien ! en un mot, c’est l’ancien système retourné à l’envers. Il y a un siècle, lorsqu’un homme était malade, on commençait par soigner son corps. À présent, quand un homme est malade, nous commençons par lui soigner l’esprit. C’est que, voyez-vous, l’esprit constitue une bien plus grande partie de l’homme que le corps, ainsi que nous l’a toujours enseigné la théologie. Et, en conséquence, traiter l’esprit…

— Mais c’est la doctrine des scientistes chrétiens !

Le médecin parut tout étonné.

— C’était une hérésie d’autrefois, docteur, — dit en souriant le cardinal, — une hérésie qui niait la réalité de la matière. Non, monsignor, nous ne nions pas du tout la réalité de la matière. La matière est parfaitement réelle ! Seulement, comme le dit très bien le docteur, nous préférons nous en prendre à la racine véritable de la maladie, plutôt qu’à ses contre-coups corporels. Nous continuons bien à employer des remèdes, mais simplement