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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/73

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ment cette autorité suprême, l’avenir du monde se trouvera assuré. Mais il s’en faut que cela soit fait, et, en attendant… Mais dites-moi, monsignor, j’ai vraiment peur de vous imposer une fatigue d’esprit excessive. Êtes-vous toujours aussi certain de votre ignorance ? Ne vous rappelez-vous pas au moins en partie… ?

— Ce n’est pas seulement la nouveauté de ce que vous m’apprenez qui m’accable : mais tout cela me paraît si absolument contraire à ce que j’avais vaguement l’impression de connaître ! Je me sens tout anéanti de surprise.

— Tout cela est l’effet de votre fatigue. Je regrette de vous en avoir trop dit. Je suis sûr que le cardinal vous ordonnera de prendre du repos. Vraiment, je ne peux pas vous dire combien je suis désolé d’avoir..

— Un mot encore ! Pourquoi m’avez-vous parlé en latin, tout à l’heure ?

— C’est l’habitude commune des ecclésiastiques. Aussi bien les laïques eux-mêmes emploient-ils volontiers le latin. L’Europe est dorénavant bilingue. Chaque pays conserve sa propre langue et y ajoute le latin. Il va falloir que vous retrouviez votre provision de latin, monsignor ! Et maintenant, je crois que vous feriez bien de venir avec moi chez le cardinal.

— Et qu’allez-vous dire au cardinal ?

— Ne pensez-vous pas que le mieux serait de lui raconter exactement la chose, telle qu’elle est