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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/67

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je venais de me réveiller, après avoir dormi pendant cinquante ans ! Dites-moi les choses comme à un enfant ! Est-ce que, en vérité, le monde est redevenu chrétien ?

— Eh ! bien, monsignor, je vais essayer de vous renseigner. Oui, on peut dire en gros que le monde est aujourd’hui chrétien, tout au moins de la même façon que l’Europe était chrétienne, par exemple, au douzième siècle. Il y a, naturellement, des exceptions, des survivances de l’erreur ancienne : notamment dans l’Orient, où d’énormes régions s’obstinent à garder leurs superstitions d’autrefois ; il y a l’Allemagne, avec son socialisme ; et puis il y a un peu partout des hommes éminents qui ne sont pas explicitement catholiques. Mais, dans l’ensemble, on peut vraiment dire que le monde est chrétien. Voici, tout d’abord, l’Angleterre. Le catholicisme n’y est pas encore définitivement établi comme religion d’État : mais ce n’est qu’une question de temps, et l’on peut très bien dire que toutes nos lois sont chrétiennes.

— Le divorce ?

— Le divorce a été aboli il y a trente ans, répondit tranquillement le P. Jervis. Les bénéfices du clergé ont également été restaurés, il y a une dizaine d’années ; et nous avons nos tribunaux ecclésiastiques, absolument comme avant la Réforme.

— Mais alors, qu’entendez-vous en disant que le catholicisme n’est pas encore établi comme religion d’État ?