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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/63

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l’Église est venue et a répondu : par la famille, religieuse ou laïque ! Car c’est dans la famille que les deux droits sont également reconnus : l’autorité y cohabite avec la liberté. Et cela parce que l’union de la famille réside dans l’amour, qui est la seule conciliation possible de l’autorité et de la liberté.

« Cet argument, tel que je l’expose là, est d’une simplicité sans pareille. Mais il n’en a pas moins fallu beaucoup de temps pour le faire admettre ; et ce n’est qu’après les terribles conflits des vingt premières années du siècle, et le discrédit complet de l’absurde tentative du socialisme pour établir la loi de l’amour au moyen de la force, que le monde civilisé a enfin commencé à se pénétrer de l’argument susdit.

« Vers le même temps, aussi, l’évolution des arts ramenait insensiblement nos pères au respect de l’Église. L’art, ainsi que vous vous en souvenez sûrement, avait essayé de devenir réaliste durant les dernières années du dix-neuvième siècle. Mais la réflexion et l’expérience avaient vite fait voir tout ce qu’un tel essai avait d’insensé. On avait compris qu’un véritable réalisme était chose impossible, et que toujours, forcément, une œuvre d’art devait s’employer à une représentation plus ou moins symbolique. Et ainsi tout le monde en est arrivé peu à peu à admettre, de nouveau, ce que le moyen âge avait admis de la façon la plus constante : à savoir, que l’art consistait à pénétrer par