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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/61

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volontairement à un supérieur, — les droits de l’individu se trouvaient respectés, tandis que, d’autre part, se trouvaient affirmés les droits non moins sacrés de la société.

« De tout cela un excellent exemple nous est fourni dans le système de la Loi des Pauvres.

« Vous vous souvenez que, en Angleterre jusqu’à la Réforme, et dans les pays catholiques longtemps encore après, il n’y avait pas de Loi des Pauvres, parce que les maisons religieuses se chargeaient de l’entretien des malades et des indigents. Or, lorsque les établissements religieux avaient été supprimés en Angleterre, c’était l’état qui avait eu à les remplacer dans leur œuvre. Il n’y avait pas moyen de songer à anéantir simplement l’existence du pauvre, comme avait tenté de le faire la reine Elisabeth. Et ainsi l’inévitable était arrivé ; d’être assisté par l’État, dans un asile d’indigents, avait commencé à devenir une marque de déshonneur, si bien que, souvent même, les pauvres avaient préféré mourir de faim, plutôt que d’être secourus dans ces conditions. Au début du vingtième siècle, les lois sur les retraites des vieillards et l’assistance d’État avaient constitué un louable effort pour remédier à cette plaie sociale, en secourant les pauvres d’une manière qui ne risquât point d’outrager leur dignité. Mais, naturellement, cet effort avait échoué comme les autres ; et nous avons peine à comprendre que les hommes d’État de ce temps n’aient point prévu qu’il en