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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/60

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à-dire la loi naturelle de la survivance des plus aptes. C’était, dis-je, une tentative : et elle a abouti, comme nous le savons, à un désastre ; car elle n’a servi qu’à établir, en tant qu’elle a réussi, la loi de la survivance du nombre, exerçant un pouvoir tyrannique à la fois sur les minorités prises collectivement et sur l’individu.

« Mais, avec tout cela, c’était une tentative généreuse et légitime, fondée sur la reconnaissance instinctive de ce principe, que la concurrence n’est pas la loi suprême de la vie universelle. Sans compter qu’il y avait encore, au fond du socialisme, d’autres idéals qui, en théorie, étaient des plus louables : par exemple, l’idée que c’est la société qui légitime et qui sauvegarde l’individu, et non pas l’individu qui fait cela pour la société ; ou bien cette autre idée, que l’obéissance est une vertu précieuse, trop négligée communément, et ainsi de suite.

« Or voici que, presque soudainement, le monde semble s’être aperçu que tous ces idéals du socialisme, — par-dessus ses méthodes et ses dogmes, — avaient toujours été les idéals du christianisme, et que l’église, en promulguant sa Loi d’Amour, avait devancé d’environ deux milliers d’années les découvertes du socialisme ! El puis l’on a vu que, en fait, ces idéals avaient reçu leur incarnation sous la forme des ordres religieux, comme aussi que, par la doctrine de la Vocation, — c’est-à-dire de la faculté accordée à l’individu de se soumettre