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Page:Benson - La nouvelle aurore, 1915.djvu/51

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fait de progrès. Non pas, au reste, qu’il puisse exister vraiment une « irréligion », si ce n’est par un emploi tout conventionnel du mot ; l’homme « irréligieux » est un homme qui a résolu d’admettre ou bien qu’il n’y a pas de monde futur, ou bien que ce monde est trop éloigné pour exercer aucune influence sur notre vie présente. Et il va sans dire que c’est encore là une religion, ou du moins une croyance dogmatique, tout comme les religions opposées.

« Quant aux causes de cet état du sentiment religieux, voici mon opinion à ce sujet :

« La religion, jusqu’au temps de la Réforme, avait été une affaire d’autorité, tout de même qu’elle l’est de nouveau à présent. Mais l’énorme développement des diverses sciences, et l’extension plus énorme encore des connaissances populaires, avaient détourné l’attention de ce qui nous apparaît aujourd’hui, dans toutes les nations civilisées, un axiome évident et indubitable : à savoir, qu’une Révélation divine doit nécessairement s’incarner dans une autorité vivante, garantie par Dieu. De plus, à cette date, la science et les connaissances exactes en général n’avaient pas encore atteint le point où elles sont parvenues un peu plus tard : c’est-à-dire le point où nous les avons vues confirmer dans tous les détails (autant du moins qu’elles étaient capables d’une telle confirmation) certains faits qui constituaient la Révélation divine, et puis aussi où nous les avons vues se rendre